Transition écologique

Des revêtements innovants pour lutter contre les ilots de chaleur urbains

Quand il fait plus chaud dans une zone urbaine que dans son environnement immédiat, on parle d’ilot de chaleur urbain (ICU). Le changement climatique, combiné à la densification urbaine, rend ce phénomène plus prégnant dans les centres-villes, particulièrement la nuit. Des solutions innovantes développées par les entreprises TP en matière de revêtements permettent de diminuer les effets de ce phénomène.

Un phénomène ultra-local amplifié par les modèles d’urbanisation

La ville concentre par nature de nombreuses activités humaines émettrices de chaleur : transport, climatisation, process industriels… Les surfaces artificialisées composées de matières minérales (béton, enrobé, asphalte) absorbent de la chaleur, qu’elle soit naturelle ou liée à l’action de l’Homme ; elles la restituent plus tard, lorsque la température de l’air redescend. S’ajoute le fait que la morphologie des villes peut réduire la vitesse du vent au sol et limiter son effet rafraichissant et qu’une ville possède moins de moyens de rafraichissements naturels, tels que la végétation, l’ombre ou l’eau.

Résultat : le développement d’ilots de chaleur urbains dès que la température monte, ilots qu’il est possible de repérer à l’échelle d’une rue ou d’un quartier : ce phénomène ultra-local peut être traité au cas par cas.

 

 Solution 1 : des revêtements qui limitent l’absorption de chaleur

Pour y parvenir, il faut augmenter l’albédo des revêtements. Késako ? L’albédo correspond au pouvoir réfléchissant d’une surface, c’est-à-dire le rapport entre l’énergie lumineuse réfléchie et l’énergie lumineuse absorbée. Plus l’albédo est élevé, plus la quantité d’énergie lumineuse réfléchie est importante et moins la surface absorbe la chaleur. Augmenter l’albédo des revêtements de voirie permet de lutter efficacement contre l’accumulation de chaleur au niveau de la chaussée. On y arrive avec des revêtements clairs, obtenus avec des granulats clairs, des liants clairs (de synthèse ou biosourcés), ou la combinaison des deux, et des revêtements recouverts d’une peinture athermique. Selon les formulations choisies, l’abaissement de température à la surface des revêtements peut atteindre 18°C.

 

 Solution 2 : des revêtements perméables pour profiter de l’eau

Autre solution, favoriser l’évaporation de l’eau ce qui provoque le refroidissement de l’air. Les revêtements perméables, couplés à des systèmes de circulation, récupération et stockage de l’eau permettent ainsi d’améliorer le confort thermique. Au-delà de l’aspect thermique, les revêtements perméables apportent un soutien au cycle de l’eau au travers de l’infiltration dans les sols et de la recharge de nappes phréatiques.

 

 Solution 3 : favoriser l’évapotranspiration en végétalisant les surfaces

L’intégration de surfaces végétalisées permet de limiter le phénomène d’îlot de chaleur par l’évapotranspiration et permet une infiltration des eaux de pluie. Cette solution est notamment adaptée à l’aménagement de certaines zones de parkings, chemins, places ou encore de voies de tramway, où les revêtements minéraux peuvent être partiellement remplacés par des zones ou dalles végétalisées, plantées avec une végétation résistante ne nécessitant pas d’entretien.

Les ilots de chaleur urbain ne sont pas une fatalité. Comme ce sont des phénomènes que l’on sait localiser précisément, il est possible de les analyser finement et de mettre en place les bonnes stratégies. Des solutions à souvent combiner entre elles existent, mettons les en œuvre.